A quoi sert le chef ?

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A quoi sert le chef

« Le chef ne sert à rien ! Ah, si : il peut être source de problèmes pour ses collaborateurs, il s’approprie souvent leur travail quand ce travail est bon, et il sanctionne volontiers les autres quand les résultats sont mauvais. » Voilà, en quelques mots, l’image qui colle beaucoup au chef. Qu’il soit considéré comme un lâche, un menteur, un carriériste ou un manipulateur, le chef passe souvent pour une simple variante du tyran. Quelle ironie, sachant que les « valeurs démocratiques » sont censées irriguer le monde du travail comme le reste de la société ! Comment en est-on arrivé là ? Le chef n’est-il réellement plus qu’un parasite ? Faut-il sauver le soldat « chef » ?

Être chef, c’est faire… quoi, au juste ?

Lors d’un déjeuner très sympathique, un ami (appelons-le Gédéon) m’a dit, très fier : « Dans mon équipe, je n’ai jamais demandé à quelqu’un de faire quelque chose que je ne savais pas faire au moins aussi bien que lui ». Pour mon ami, cette phrase avait un sens très positif : elle signifiait qu’il tenait compte de la réalité du travail de ses gars, qu’il s’y intéressait, et qu’il savait ce qu’il leur demandait. De ce point de vue, il avait tout bon ! Pourquoi donc le sujet est-il alors parti en débat, et ce jusqu’à la fin du repas ?

D’après Gédéon, le chef doit savoir « tout » faire, et « au moins aussi bien » que les autres. Un autre ami (appelons-le Norbert, après tout, l’autre s’appelle bien Gédéon !) avait aussitôt exprimé son désaccord. Pour Norbert, le chef doit savoir « faire faire », et il vaut mieux qu’il ne sache pas effectuer le travail de ses subordonnés, afin que ces derniers se sentent véritablement valorisés. Pour lui, la fierté de celui qui travaille vient du sentiment d’expertise qu’éprouve ce dernier, et de la certitude d’être une véritable valeur ajoutée. Prétendre savoir faire au moins aussi bien que lui, cela diminue le sentiment d’expertise, et ne donne pas à la personne l’impression d’être réellement importante.

Si Norbert a raison, et que le chef se contente de faire faire, à quoi sert-il ? Il pourrait aussi bien laisser ses subordonnés travailler tranquillement, sans chef. Mais si Gédéon a raison, et que le chef doit savoir tout faire mieux que les autres, il n’a qu’à tout faire lui-même, et ce sont les subordonnés qui ne servent plus à rien. Alors, qui a raison ? En réalité, l’opposition n’est pas si grande. Et rassurez-vous, après quelques rebondissements et autant de digestifs, mes amis sont bien restés amis 😉

L’équipe, raison d’être du chef

Bon, soyons clair : s’il n’y a pas d’équipe, il n’y a pas de chef. Un travailleur seul n’a personne à diriger, si ce n’est lui-même. A l’inverse, s’il y a une équipe, c’est que le travail ne peut être assuré par une personne seule. Celle-ci serait débordée par le nombre et la nature des tâches, ainsi que par le temps imposé pour les accomplir. Mais pour répartir et coordonner le travail de plusieurs, encore faut-il un principe directeur… et comme les règles ne suffisent pas, on n’a jamais rien inventé de mieux que le « chef ».

S’il y a un chef, c’est donc parce qu’il y a une équipe. Cela, le chef ne doit jamais l’oublier : au-delà des objectifs qu’il doit atteindre, c’est avec son équipe qu’il doit les atteindre. Cette équipe lui a été confiée, elle est la raison de sa fonction, elle constitue cette fonction. Littéralement. Par ailleurs, le chef n’est pas extérieur à l’équipe : il en fait partie. Il en est peut-être le membre le plus « élevé », mais il en demeure un membre. Son équipe est le corps dont il est la tête. « Tête » qui, rappelons-le, est l’exact synonyme de « chef ». De même que la fonction de la tête est de diriger le corps, celle du chef est de diriger l’équipe.

Chef d'équipe

Certains pourraient objecter : « Et la mission, dans tout ça ? S’il y a une équipe et un chef, c’est bien parce qu’il y a au départ une mission à accomplir ! C’est la mission qui justifie la constitution d’une équipe. Et le rôle premier du chef, c’est de veiller à ce que les objectifs liés à cette mission soient atteints ! L’entraîneur doit gagner les matchs, le général doit remporter la victoire, l’ingénieur des ponts et chaussées doit construire des ponts, des routes, des transports, des services, etc, etc. »

Le chef guide, et assure le bien des personnes

Cette objection est en partie vraie… et donc en partie fausse 😉 Il est vrai que le chef se voit confier non seulement une équipe, mais aussi une mission, qui comprend des objectifs à atteindre. Mais cette mission, c’est d’abord la raison d’être de l’équipe. De fait, il est faux d’affirmer que le chef « fait » : lorsque l’entraîneur remporte un match, que le général remporte une bataille, ou que l’ingénieur construit un pont, ce ne sont pas eux qui ont concrètement mis les mains dans le cambouis. Ce sont leurs hommes. Dire que le chef l’a fait, c’est lui reconnaître la responsabilité de la chose. Mais techniquement, l’action revient aux joueurs, aux soldats, aux ouvriers.

Chef chirurgien

Le rôle du chef, lui, consiste à favoriser les meilleures conditions possibles, afin que ses hommes puissent exprimer au mieux leur talent et leur expertise. Il veille à la sécurité et à la qualité de leur environnement de travail, et il coordonne le tout en énonçant les priorités. Il est l’expert tactique : il donne le sens, et décide de la stratégie pour réaliser ce sens. C’est celui qui encourage, récompense, soutient, et sanctionne. C’est celui qui règle les problèmes, en n’oubliant pas de prendre conseil auprès de ses hommes. Car encore une fois, ce sont eux les experts techniques.

Ce faisant, le chef permet à l’équipe de fonctionner ensemble, dans la même direction, celle voulue par leur mission. Si le chef est un bon chef, il est au service de ses hommes. Et s’il est au service de ses hommes, ces derniers travailleront non seulement pour eux, mais aussi pour lui, personnellement. Ils lui rendront la reconnaissance qu’il leur donne. À son contact, ils développeront leurs talents ; raison pour laquelle on peut dire que la mission du chef est double : guider ses hommes, et assurer leur bien.

Conclusion

A quoi sert le chef ? Le chef sert à servir. Il sert une équipe, et avec elle, ensemble, ils servent une mission. Et s’il est vrai que le mérite de l’action revient aux hommes, le mérite d’une équipe soudée revient au chef.

Alors c’est vrai, ce dernier « fait faire ». Mais cela ne doit pas l’empêcher de s’intéresser au travail concret de ses hommes. Sans prétendre savoir mieux faire (ce sont eux les experts techniques), il doit au moins connaître leur métier et pouvoir l’expliquer. Surtout, il doit le connaître pour pouvoir pallier aux problèmes, le cas échéant. Mais un capitaine, qui tient le gouvernail de son navire, va-t-il hisser les voiles ou jouer la vigie ? Non, bien sûr, car il perdrait la vue d’ensemble de son bateau, et ne serait plus disponible pour les autres.

De même, le chef supervise, il contrôle la situation. Avec bienveillance, pour valider le travail de ses hommes, et réfléchir ensemble aux solutions en cas de problème. Ce contrôle est une aide. Il sera bien vécu tant qu’il inclut les hommes dans la solution. De toute façon, c’est indispensable… puisqu’on vous dit que ce sont eux, les experts techniques ! 😉

N. B. : Il arrive régulièrement qu’un chef vienne du terrain, mais dans ce cas, il lui faut savoir se détacher de la technique, et accorder à son successeur la confiance et l’attention qu’il mérite.

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Cet article a 2 commentaires

  1. Baudouin le Roux

    Allez, une petite blague pour la route : comment un chef peut-il gagner en assurance ?
    En portant un couvre-chef 😉

  2. Avatar

    J’ai beaucoup aimé ton article, particulièrement quand tu rappel que le rôle du chef “consiste à favoriser les meilleures conditions possibles”.
    Et il est vrai que le chef n’est “que” la tête de son équipe. Le chef qui ne sait pas diriger est comme une tête décapité, elle ne sert plus à rien. Est tant que la tête est relié au corps elle ne peut fonctionner sans les autres organes vitaux (foie, cœur, poumon, pancréas et reins). Bref, tout ça pour dire que l’analogie est bien vue.

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