Comment rester un leader fictif à vie

Fantômes

Vous savez certainement ce qu’est un récit fictif, un décor fictif, un emploi fictif. Mais savez-vous ce qu’est un leader fictif ? Ce pourrait être une marionnette : un leader en apparence, obéissant en réalité à un homme de l’ombre, qui tiendrait les ficelles. Ce cas existe bien, mais ce n’est pas lui qui nous intéresse ici. Notre leader fictif, celui que vous pourriez être, est une forme de leader très répandue. Elle concerne tous ceux qui ont un réel potentiel de leader mais qui n’exploitent pas ce potentiel, et restent des leaders avortés. Mais de quoi s’agit-il exactement, et comment est-ce possible ?

Les blocages intérieurs

Imaginez un torrent furieux, dont l’eau déferlante, après avoir parcouru des kilomètres en emportant tout sur son passage, viendrait finalement se fracasser contre une digue, arrêtant brutalement sa course. Ce torrent qui semblait inarrêtable, le voilà violemment stoppé, incapable d’avancer. Le torrent, c’est notre bonne volonté, notre énergie. La digue, c’est la première raison qui empêche les leaders de se révéler : celle des blocages intérieurs.

Barrage

Souvent appelés « barrières psychologiques », ces blocages sont le fruit d’un défaut de confiance. Manque de confiance en soi, ou manque de considération de la part des autres, dont le regard négatif influe sur la perception que nous avons de nous-mêmes. Ce défaut de confiance est un frein pour l’enthousiasme et un poison pour la motivation. Nous étions décidés, nous avions un projet à mener et nous allions y consacrer toutes nos forces… et voilà qu’un regard condescendant, un sourire ironique et une petite phrase blessante viennent tout mettre par terre. Le pire, c’est qu’on n’a pas forcément envie de croire ces petites piques. Mais elles installent un doute, qui se transforme en malaise, puis en sentiment de honte.

Il faut dire que nous nous connaissons bien, nous savons nos défauts et nos faiblesses. Et même si nous luttons contre notre manque de confiance, nous nous disons parfois : « Si ceux qui me critiquent pensent avoir des raisons de le faire, je connais moi-même d’autres raisons que ces gens ignorent… et qui montrent bien quelque part qu’ils n’ont pas tort ». Ce genre de raisonnement destructeur, bien qu’il soit la plupart du temps un égarement de l’imagination, est malheureusement très répandu. Pour ceux qui ne sont pas touchés par ces problèmes de confiance, un autre piège menace leur leadership : l’éloignement du terrain.

La loi du terrain

La pratique du leadership ne peut se passer du terrain. Le chef d’une équipe d’ouvriers peut-il se permettre de ne jamais mettre les pieds à l’usine ? Un agriculteur de ne jamais mettre les pieds dans ses champs ? Un boulanger de se contenter de vendre sans jamais s’intéresser à ce qui se passe dans son fournil ? Il est évident que non. De même, le leader d’un groupe d’amis peut-il se considérer comme tel, s’il n’est pas capable d’organiser quoi que ce soit dans le cadre de ce groupe ? Pas davantage.

La loi du terrain est une règle absolue en matière de leadership. En effet, il ne faut pas oublier que le leadership est intimement lié à l’action et à la pratique. Un leader est considéré comme tel parce qu’il a une influence directe sur son groupe, et les actions de ses membres. Celui qui ne met jamais ses compétences de leader en action, par définition, n’en sera jamais un, quelles que soient ses qualités au départ. De même, celui qui pratique un temps mais finit par négliger le terrain (c’est-à-dire sa zone de responsabilité), finira aussi par perdre son leadership. Ce cas de figure est de plus en plus courant chez les « chefs » qui ne dirigent plus qu’à distance, au moyen des outils et des process. Ils deviennent eux-mêmes les maillons d’une chaîne, qui n’obéit plus qu’à une mécanique.

Comment voulez-vous avoir une influence sur votre groupe si vous n’êtes pas au contact de ce groupe ? L’homme n’est pas un programme informatique, ni du bétail. Il a besoin de voir celui qui le dirige, de pouvoir lui parler, avoir des échanges directs avec lui. De ce point de vue, en sur-mécanisant les rapports humains, la modernité a fait énormément de mal au leadership. Heureusement, ce n’est pas définitif…

Entraînement

 

Ne soyez pas des leaders fictifs ! 

Le titre de cet article a beau être provocateur, il est évident que son but n’est pas d’encourager le comportement de leader fictif. Aujourd’hui, il y a clairement un choix à faire pour tout le monde : assumer d’être un leader, et se donner les moyens de l’être ; ou bien rester un maillon de la chaîne, et subir toute sa vie les choix des autres. Chacun est libre de prendre parti ! 😉

Pour être efficace, le leader doit avoir l’objectif en tête, et organiser sa zone de responsabilité de sorte que cet objectif puisse être atteint. Il doit être sur son terrain, dans cette zone, en action. Si vous ne savez pas quel est votre terrain, demandez-vous simplement quelles sont vos responsabilités aujourd’hui, ou quelles sont celles que vous pourriez prendre. Dans les deux cas, votre terrain, c’est toute la “zone” concernée par ces responsabilités. Pour un père, ce sera sa famille, pour un maire, sa ville, pour un entraîneur, son équipe, pour le leader d’un groupe d’amis, ses amis, etc.

Enfin, pour ne pas être un leader fictif, n’oubliez jamais qu’un leader est au service du bien commun de son groupe, et donc des membres de son groupe. S’il a de l’influence sur les autres, et s’il veut l’entretenir, c’est en étant la solution aux problèmes des autres. Sinon, il aura vite fait de perdre son leadership !

Mais cela vous le savez déjà… car vous aviez bien sûr choisi le camp des leaders ! 😉

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Cet article a 1 commentaire

  1. Baudouin le Roux

    Avec ce commentaire qui est le premier, je deviens le leader de l’espace commentaire, et tâcherai de me montrer à la hauteur.

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