Confiance en soi : comment vaincre l’effet boomerang

Boomerang (Paleontour)

Avez-vous déjà pratiqué le boomerang ? Moi oui, et j’étais très mauvais. Le principe, normalement, consiste à lancer cet objet de manière à ce qu’il vous revienne en main. Le mien revenait à peu près, mais toujours à au moins cinq mètres, ce qui n’a aucun intérêt… Bref, tout cela ne nous dit pas ce qu’est “l’effet boomerang”, ni quel est le rapport avec la confiance en soi.

En fait, c’est très simple : l’effet boomerang, c’est le sentiment que nous pouvons éprouver après un échec : nous avons tenté quelque chose, qui a raté, et cette déconvenue nous revient en pleine figure, minant notre confiance. “Je n’étais pas prêt… je me suis surestimé… j’ai vraiment été nul… je suis nul !… je viens juste de perdre toute crédibilité. Je devrais aller me cacher !” …toutes ces idées noires sont plus ou moins celles qui peuvent nous venir en tête après un échec imprévu. Véritables poisons, elles handicapent notre confiance et ont parfois tendance à s’installer, nous faisant appréhender le prochain défi. N’y allons pas pas quatre chemins : elles sont très gênantes, et nous aimerions tous nous en débarrasser. Voici quelques astuces ! 🙂

Une réaction 100% bio

Avant de voir ces fameuses astuces, il est important de bien comprendre le phénomène. Et là, nous avons une bonne nouvelle : dans l’effet boomerang, tout est normal. Rien de plus normal que de ne pas être submergé de satisfaction après une déception. Normal également, le sentiment d’amertume qui l’accompagne. Qui est heureux d’échouer ? Pas vous, pas moi. Alors certes, il y a un peu d’ego là-dedans : l’échec nous renvoie à notre propre insuffisance, il nous chatouille sans trop de délicatesse, ce qui n’est jamais très agréable. Nous sommes tous perfectibles, et nous n’aimons pas tellement qu’on nous le rappelle. Mais c’est normal ! Cette réaction d’ego est un phénomène naturel, à nous simplement de ne pas la laisser prendre toute la place, en entrant dans le déni.

Cette piqûre n’est pas le seul aspect naturel de l’effet boomerang. Si nous éprouvons du déplaisir après un échec, c’est également parce que l’être humain bénéficie de mécanismes de défense. En l’occurrence, ce mécanisme est psychologique. Dans un premier temps, l’échec se présente à notre intelligence, qui le trouve désagréable. Elle répercute ensuite ce désagrément sur notre sensibilité. Ainsi, après une déconvenue, nous ne sommes généralement pas bien. Selon l’importance que l’on accorde à notre “défaite”, cela peut aller de la simple mauvaise humeur à des réactions plus violentes (colères, crises de nerf, évanouissement, vomissement…). Quoi qu’il en soit, il faut simplement comprendre que ces sensations négatives sont la conséquence d’une défense psychologique. Notre être n’aime pas les déconvenues, et réagit en s’assombrissant. D’où le mot “amertume” : la défaite a effectivement un “goût” amer, comme dit l’expression.

digging self destruct GIF

Une réaction salvatrice

“Pardon ? En quoi un tel effet peut-il être salvateur ?? Et puis pourquoi une réaction aussi négative ?” D’abord, calmons-nous. 🙂 L’être humain possède des mécanismes de défense psychologique, qu’il actionne automatiquement. Alors oui, les effets de ce mécanisme sont pénibles. Mais ils le sont pour une raison, et une raison toute simple : nous inciter à ne plus subir d’échec. Notre nature n’aime pas ce qui se passe, et tient à nous le faire savoir, pour que cela ne se reproduise pas.

“Cette explication n’est pas satisfaisante. Alors comme ça, il y aurait des forces à l’intérieur de nous qui agiraient en dehors de notre contrôle ! Ce n’est pas un peu tiré par les cheveux ?” Effectivement, cela peut sembler paradoxal ; mais non, il ne s’agit pas d’un délire schizophrène. 🙂 Tout se passe très vite, la plupart du temps inconsciemment. L’échec est blessant, notre être réagit à cette blessure psychologique comme notre corps réagit à une blessure physique : dans l’instant, sans réfléchir. Agression = douleur. L’échec, c’est comme une plaque de cuisson, tu touches, tu te brûles.

Et heureusement que nous avons de tels mécanismes, ce sont de bons guides pour nous ! Imaginez si nous devions réfléchir à chaque fois qu’un événement se produit, même tout petit, pour pouvoir prendre une décision… Imaginez que nous n’ayions jamais aucun réflexe, et qu’il nous faille avoir pleinement conscience de ce qui se passe avant de pouvoir effectuer le moindre mouvement ! Nous arrêterions de respirer, ou finirions rapidement écrasés par une voiture. D’ailleurs, notez que certains mécanismes psychologiques ont des effets très agréables. A l’occasion d’une réussite, par exemple : là nous éprouvons un sentiment d’euphorie, qui encourage à recommencer.

ADN

Faut-il tuer l’effet boomerang ?

Maintenant qu’on vient d’expliquer cet aspect salvateur, quelle conduite observer ? Faut-il vraiment se battre ? En réalité, il faut surtout distinguer. Ce n’est pas parce que l’effet boomerang est lié à une défense psychologique, laquelle est une très bonne chose, que l’effet en lui-même est parfaitement bon. Déjà, il peut prendre plusieurs formes : nous avons vu qu’il peut être plus ou moins violent, mais il peut également être plus ou moins durable, plus ou moins sournois, plus ou moins handicapant, etc. De plus, nous pouvons lui accorder une place plus ou moins grande : il peut survenir comme une simple déception, que nous allons ensuite nourrir, de telle sorte qu’elle devienne un doute, puis une remise en question de plus en vaste, et ainsi de suite. Sa perception est en partie subjective, et peut avoir des conséquences très néfastes.

Ce qui est bien certain, c’est que nous ne supprimerons jamais complètement cet effet. Nous éprouverons toujours un minimum de déception après une déconvenue. Et ce n’est pas plus mal : à moins de complètement fuir ses responsabilités, il est sain de savoir se remettre un minimum en question. Pour autant, s’il n’est ni possible ni souhaitable de supprimer cet effet boomerang, il est en revanche parfaitement possible de l’orienter, et de l’apprivoiser ! Pour l’orienter, il faut lui fournir la bonne cible ; et pour l’apprivoiser, il faut lui fournir le bon cadre.

Docteur, une ordonnance !

Que doit-on comprendre par “bonne cible” ? A priori, il n’y a pas trois milles possibilités : quand une personne échoue, la cible de l’effet boomerang, c’est cette même personne !” Effectivement. En fait, quand nous échouons, il s’agit surtout de déterminer la partie de soi que nous devons laisser atteindre. Notre personne est complexe et se compose de plusieurs dimensions, il s’agit donc de ne pas se tromper lors d’une remise en question.

Cette partie, c’est l’ego : il est bon que notre ego prenne des coups. Cela nous permet de rester vigilant, de nous souvenir que nous ne sommes pas parfaits, et que nous pouvons progresser. Une véritable confiance en soi passe par là (cf. le livre téléchargeable, ci-contre et ci-dessous). Bien sûr, il ne s’agit pas de tomber dans l’excès, et de ruiner notre confiance ! C’est là qu’il est nécessaire de garder le bon cadre. Prenons la déception comme elle vient, laissons-la passer cinq minutes. Et acceptons-la pour ce qu’elle est : un simple rappel, une piqûre d’humilité. Tâchons d’en rire, si nous le pouvons.

Le bon cadre, c’est la manière dont nous choisissons de subir l’effet boomerang. Certains s’effondrent, il est évident que ce n’est pas la solution. Au contraire : passées les cinq minutes de digestion, mettons-nous en action. D’où vient notre mésaventure ? Parfois, certaines arrivent sans qu’on en soit responsable. Dans ce cas, prenons-les pour ce qu’elles sont : des aléas, qui ne doivent pas nous toucher. Les autres fois, nous sommes responsables. Alors, nous devons diagnostiquer ce qui s’est mal passé, et voir ce que l’on aurait pu mieux faire. Si nous ne trouvons pas, osons demander ! Puis, passons rapidement à la suite : réparons, réessayons.

“Si vis pacem, para bellum”

Tout le secret est là : la préparation. Celui qui veut la paix, il prépare la guerre, et si elle arrive, il est prêt. La solution à l’effet boomerang : se préparer du mieux possible, et tant pis si ça arrive. Se préparer, ce n’est pas seulement tout mettre en place pour limiter le risque d’échec ; c’est aussi prévoir l’échec. Limiter le risque du mieux possible est important. Ce faisant, on ne laisse pas l’échec entamer notre confiance, car on sait avoir donné le maximum. Mais en prévoyant l’échec, on voit plus loin : on imagine déjà les solutions, les plans B, les mesures qu’il faudra prendre. Bref, on anticipe, pour ne pas être pris au dépourvu. Les armées ne vont pas au front sans leurs médecins.

L’effet boomerang est d’autant plus violent qu’il est inattendu. Le prévoir, c’est le cadrer d’avance. C’est, d’avance, lui attribuer une place, dont il ne sortira pas. De cette manière, il y a très peu de chances que nous le ressentions beaucoup, et que nous nous laissions dépasser par lui. C’est tout l’intérêt du boomerang : lorsque vous le lancez, vous savez qu’il va revenir, vous êtes déjà prêt à le recevoir. Et puisque vous êtes prêt, il ne vous surprendra pas en revenant, et ne vous fera pas mal.

Enfin… ça, c’est quand on sait se servir d’un boomerang 😉

Boomerang GIF

Crédit photo Boomerang : Paleontour

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Cet article a 2 commentaires

  1. Baudouin le Roux

    En même temps, le boomerang, c’est pas simple…

  2. Avatar

    Remarquablement bien vu. Belle maturité d’analyse. Bravo jeune homme !

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