L’instant décisif qui fait de vous un leader

Pain

“Alors comme ça il y aurait un moment chargé de décider précisément lorsqu’on devient leader ? Ce n’est pas très convaincant… le processus est bien plus long et complexe !” Attendez, laissez-moi vous conter une métaphore.

Si vous êtes un être humain, ce qui est très probable, vous êtes certainement déjà entré dans une boulangerie. Là, vous trouvez d’un côté les partisans de la baguette, et de l’autre ceux qui préfèrent les pains. Ce sont ces derniers qui nous intéressent. Même si vous n’en faites pas partie, il vous est forcément arrivé d’en croiser, et donc d’entendre cette fameuse phrase du boulanger : « Le pain, tranché ou non tranché ? » Et là, ce que vous ne savez pas, c’est que ce brave boulanger vient de résumer toute l’Histoire de l’humanité… En effet, le monde se divise en deux catégories : ceux qui tranchent, et ceux qui veulent qu’on tranche pour eux 🙂

Le leader, c’est celui qui tranche !

Bien sûr, l’exemple de la boulangerie est un peu caricatural et visait surtout à vous surprendre, mais tout de même : il est bien vrai qu’il existe des caractères qui tranchent, et d’autres qui aiment que d’autres le fassent pour eux. Les premiers sont les hommes de décision : lorsqu’il y a une décision à prendre, ils sont les hommes de la situation. Les seconds, en revanche, sont les indécis, ou ceux qui ne veulent pas endosser la responsabilité de la décision. Ils attendent alors que quelqu’un tranche pour eux. Quoi qu’il en soit, s’il y a bien un moment qui décide si vous êtes un leader ou non, c’est bien celui-là : celui de la décision.

Décider

La raison ? Elle est toute simple : celui qui prend la décision, c’est celui qui prend la responsabilité de cette décision. C’est celui qui accepte de prendre les risques liés à cette décision. Alors pourquoi prendre ce risque ? Tout simplement parce que la raison première de la décision, c’est de faire avancer les choses. C’est de faire progresser la situation présente, vers l’objectif à atteindre. Quelle que soit la décision prise. Cependant, lorsqu’une décision est prise, cela ne veut pas dire qu’il y a un avant et un après la décision : encore faut-il passer à l’action, acter cette décision. Par exemple, celui qui décide d’arrêter de fumer, mais ne prend pas les moyens d’arrêter, il n’a aucune chance de vraiment arrêter.

Quoi qu’il en soit, décider est une première étape, synonyme d’engagement, vers une évolution de la situation. Et c’est bien là le rôle du leader : entraîner vers l’objectif. Cela se fait par l’exemple, mais aussi par la prise de décision. Celui qui se contente de montrer l’exemple au quotidien mais n’est pas capable de prendre les décisions, celui-là n’est pas un leader.

Décider, un acte étonnamment peu facile

Nous sommes tous épris de liberté. Nous détestons souvent devoir subir les choix des autres. Nous rêverions pouvoir décider de tout ce qui nous concerne. Et pourtant… vous remarquerez que la plupart des gens éprouvent énormément de difficultés à prendre des décisions. Pourquoi ? Généralement, c’est lié à la peur du changement ou à la peur des risques liés à la décision. En effet, si la décision est mauvaise, il y a probablement un moment où elle se paiera… Si la décision ne concerne que nous, c’est plus facile. Mais si elle implique d’autres personnes, celui qui figurera en première ligne, c’est bien celui qui aura tranché.

Alors bien sûr, les multiples décisions prises au quotidien sont globalement sans grandes conséquences. “Chemise ou t-shirt ?”, “Thé ou café ?”, “Bière ou pas bière ?” etc. Voilà de bien petits exemples… et pourtant, quand vient l’heure du choix, beaucoup hésitent, perdent du temps… pour souvent, au final, effectuer le choix le plus simple : celui qu’ils ont l’habitude de faire. Imaginez lorsque vient l’heure des grands choix ! Celui des études, du travail, du mariage, sans oublier les choix à faire au sein de nos vies professionnelles et familiales. “Faut-il accepter ce travail ?”, “Devrais-je déménager ?”, “Devrais-je investir ou sécuriser ?” etc.

Et bien là aussi, très souvent, c’est le choix le plus simple qui l’emporte. Cas extrêmes : les études ? “Bof, je ferai ce qu’on me dira de faire, ou je prendrai celles où il ne faut pas trop travailler” (Attention, études est ici pris au sens large, incluant tout apprentissage d’un métier). Le mariage ? “Ça va, j’ai le temps, et puis je n’ai pas envie de m’engager”. Le travail ? “De préférence, un travail pas trop fatiguant. Et si je n’ai pas le choix… reste les allocations”.

Décider

Décider, l’apanage du leader

Précisons qu’il ne s’agit pas de critiquer ceux qui prennent le temps d’agir. Au contraire, notamment pour les sujets les plus importants, il est tout à fait normal et prudent de prendre le temps nécessaire avant de décider. Ce qui est moins normal, c’est d’accorder systématiquement la préférence au choix le plus simple, le plus facile, le moins risqué. Parfois, ce type de choix sera le bon : ne tombons pas non plus dans l’excès inverse, à décider tout ce qui est le plus difficile et le plus risqué. Dans un sens comme dans l’autre, la systématisation est l’ennemie.

Heureusement, il existe des indices pour nous aider à bien décider. Par exemple, le cadre légal, le cadre familial et le cadre professionnel impliquent tous des règles qui peuvent nous guider. Certains choix sont guidés par la nécessité, d’autres par les objectifs ponctuels à atteindre. Quoi qu’il en soit, tous sont guidés par le bien commun, qui est la règle ultime : nous agissons pour le bien de la société, pour le bien de nos familles, pour le bien de notre entreprise et de ses employés. L’objectif est de les rendre meilleures, autant que nous le pouvons, avec les moyens dont nous disposons. Individuellement, si chacune de nos décisions est guidée par ce phare du bien commun, le seul capable de nous aider à prendre les bons risques, alors il n’y a pas de doute : à chacun de ces moments, nous agissons en leader.

Décider est un acte responsable, qui réclame parfois du courage. Pour autant, ce courage ne nous garantit pas de ne jamais nous tromper. Animés des meilleures intentions, nous pouvons tous nous tromper. Mais ce qui est certain, c’est qu’en nous trompant de bonne foi, nous restons des hommes libres, et mieux : des leaders.

Conclusion

La peur de décider est utile, elle nous permet de mesurer les risques à prendre. Une fois qu’on a bien compris le rôle de cette peur, rien ne devrait nous empêcher de décider, à chaque fois qu’il y a une décision à prendre. Vous vouliez connaître le moment qui fait de vous un leader ? Ce moment se répète à chacune de vos décisions. D’accord : c’est valable surtout pour les décisions importantes. Mais comment voulez-vous prendre des décisions importantes, si vous ne savez pas prendre de décision pour les petites choses ?

Comme quoi, être un leader… cela se décide.

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Cet article a 3 commentaires

  1. Baudouin le Roux

    Bon… va falloir acheter un couteau pour le pain…

  2. Avatar

    Belle tranche de vie

    1. Baudouin le Roux

      Contairement à ceux qui préfèrent marcher à la baguette 🙂

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