Pourquoi les ours ne seront jamais des leaders

Ours

Au risque de choquer les fans de Baloo, Winnie, Petit ours brun et Petit Jean version Disney, disons-le haut et fort : leurs idoles ne seront jamais des leaders. Pourquoi ? Eh bien, au-delà du fait qu’ils n’existent pas, ce sont des ours. Et les ours, contrairement aux animaux qui vivent en meute, sont des solitaires. Ils n’appartiennent pas à un groupe, n’en ont aucune envie, et a fortiori, ne peuvent donc en diriger aucun. Mais sortons de cette métaphore, qui n’avait pas d’autre but que de vous faire cliquer sur cet article, pour nous concentrer sur ce qui manque à beaucoup pour pouvoir être un leader : le contact humain. Le “sens” du contact ? Non, pour commencer, juste le contact.

Vous ne dites pas bonjour ? Vous n’êtes qu’un ours !

Même si vous n’êtes pas un manager, ou une autre sorte de responsable institutionnel, si vous ne dites pas bonjour ne serait-ce qu’aux gens que vous croisez tous les jours, n’espérez pas être un leader. Bien sûr, il ne s’agit pas seulement du simple fait de dire “bonjour”. Derrière ce mot, il faut comprendre toutes les petites attentions quotidiennes qui meublent les rapports humains. Les sourires, les poignées de mains, les “comment ça va”, les “bonne soirée”, etc. Autant de petites attentions sans aucune originalité, mais dont l’importance est immense.

Aujourd’hui, aussi incroyable que cela puisse paraître, de plus en plus de gens ne respectent plus ces “codes” sociaux pourtant élémentaires. Les yeux rivés sur leur téléphone portable, ou concentrés sur un point lointain à l’horizon, bornés par des œillères imaginaires, c’est à peine s’ils ont conscience de leur entourage. Ils sont “pressés”. Ils n’ont “pas le temps”. Parfois, ils se jugent “très importants”. Ils sont donc logiquement “très occupés” ! Et de temps en temps, quand ils croisent par inadvertance le regard d’un autre, très vite leurs yeux changent de direction, espérant que personne n’aura remarqué cet instant de faiblesse.

Pauvres gens… Comme si faire preuve d’humanité revenait à s’abaisser ! Jusqu’à preuve du contraire, un être humain, quelles que soient sa fonction et son histoire, reste un être humain. A ce titre, il doit traiter les autres êtres humains comme il se traite lui-même. Et qui, à moins d’un déséquilibre, se traite lui-même avec inhumanité ? Respecter les autres, cela commence par leur accorder un minimum d’attention. Et cela tombe bien : ce minimum est facile à atteindre, ce sont ces petits codes sociaux que tout le monde connaît.

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Vous raréfiez les contacts en raison de votre “importance” ? Vous êtes pire qu’un ours !

Savez-vous ce qu’on dit de ceux qui n’ont pas de manières ? Que ce sont des “ours mal léchés”. Autrement dit, des ours parmi les ours, des ours pires que les ours. Et ce qui est vrai de tout un chacun l’est davantage lorsqu’il s’agit de gens en position de diriger. Et devinez quoi, c’est malheureusement cette catégorie de personne qui est la plus touchée. Parfois, c’est même un déclic : il suffit d’un avancement, d’une promotion, pour que tout à coup la personne se prenne pour plus qu’elle n’est, et change de comportement. Elle raréfie les contacts, mécanise ses sourires, etc. Bref, elle dégrade son attention.

Au début, nous faisons tous partie d’une “équipe” : une famille, un groupe d’amis, un groupe d’étudiants, puis un groupe de collègues, parfois tous ces groupes à la fois. A ce moment, notre intérêt concorde avec celui des autres, car nous sommes à égalité, et ce qui bénéficie à l’un bénéficie souvent aux autres. Mais un jour, nous recevons une gratification, ou un poste, ou un titre. Et ce changement, qui nous différencie des autres, nous place d’une certaine manière “au-dessus”. Et là, au lieu de considérer ce signe ou cette responsabilité comme un devoir, elle devient pour nous son contraire : un dû.

Pour ceux qui vivent le changement de cette façon, leur rapport avec les autres s’inverse également. Au lieu de mettre à leur service, ils s’en servent. Au lieu de les féliciter, de les encourager, de les entraîner, ils les méprisent. Ils réclament des autres une exemplarité à toute épreuve, mais s’autorisent régulièrement quelques excès. Ces personnes, ce sont des anti-leaders, des tyrans. Ils ne soignent plus les contacts qu’ils ont avec les membres de leur équipe, car ils ne se considèrent pas à égalité avec eux. Ils les déconsidèrent.

Staline

Sortons de nos tanières

“On juge un arbre à ses fruits”, dit le proverbe. Nous sommes ce que nous faisons. Et ce que nous faisons, ce n’est pas simplement les résultats chiffrés que nous obtenons, c’est TOUT ce que nous produisons. Chacune de nos actions. Dans le cadre d’un groupe, les actions que nous menons ont une influence sur ce groupe. Nous sommes responsables de cette influence. Pour pouvoir véritablement être un leader, il nous faut donc soigner notre contact avec les autres. Entretenir des rapports sociaux n’est donc pas seulement une question élémentaire d’humanité, mais aussi un devoir social, au sens strict.

Cette précision n’est pas minime. En effet, s’il est vrai que certains dégradent la qualité de leurs rapports avec les autres par vanité, d’autres ne sont tout simplement pas très doués pour les entretenir. Ce n’est pas de leur faute, mais ce n’est pas non plus une excuse pour les négliger : au contraire, il est de leur devoir de les améliorer. C’est en entretenant ces rapports que l’on devient apte à créer de véritables liens. Alors attention, il ne s’agit pas de se démener pour devenir ami avec tout le monde, ce serait excessif. Non seulement excessif, mais utopique : quoi qu’il arrive, quoi que vous fassiez, soyez sûr qu’il y aura toujours des gens qui ne vous aimeront pas. On ne peut pas plaire à tout le monde.

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Pour autant, malgré les obstacles qui se dresseront inévitablement sur la route de celui qui cherche à entretenir sa sociabilité, c’est une mission qu’il ne peut refuser. Surtout s’il est un leader. Qu’il ne perde pas espoir : l’avantage, c’est que même s’il faut parfois se forcer un peu, l’aisance vient avec l’habitude. Alors courage ! Armés de notre sourire, affrontons les grincheux et les méfiants. La plupart du temps, ce sont eux qui finiront par baisser les armes. Mais ce qui est certain, c’est que si l’effort ne vient pas de nous, il ne viendra pas non plus des autres.

Alors, ours ou pas ours ? 🙂

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Cet article a 3 commentaires

  1. Baudouin le Roux

    Après, les ours ont d’autres qualités, ils ne sont pas tout noir ou tout blanc. A moins que…

  2. Avatar

    En tout cas, moi, je n’irai pas vendre leur peau sans m’assurer de leur disparition préalable… les Ours dont il est question dans ce bon article pullulent et polluent nos espaces publics, nos relations de travail et finissent trop souvent par coloniser jusqu’a nos propres comportements.
    Merci de cette mise en garde. La chasse à l’Ours est ouverte !

    1. Baudouin le Roux

      …armé de votre plus beau sourire ! 😉 Merci pour votre commentaire !

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