Qu’est-ce que le leadership ?

Chocolat

A quoi sert un chocolatier qui ignore le cacao ?

…à rien.

A quoi sert un blog dédié au leadership qui ne prend pas la peine de définir ce que c’est que le leadership ?

…à la même chose que ce chocolatier.

Vous l’avez compris : aujourd’hui, nous allons cerner le leadership. Nous allons prendre ce mot, et nous allons lui faire dire tout ce qu’il a à nous dire. Fatalement, vous aurez droit à un minimum de théorie, il en faut bien de temps en temps ! Mais rassurez-vous : il y aura aussi un peu de chair à se mettre sous la dent. C’est parti !

Leadership, qui es-tu ?

Chacun d’entre nous a sa petite idée de ce qu’est le leadership, ce n’est pas comme si c’était un terme totalement inconnu. Mais tout de même, il prête régulièrement à confusion. Par exemple, combien de personnes peuvent donner précisément la différence entre leadership et management ? Posez la question autour de vous, ils ne sont pas si nombreux. Pourtant, un manager qui se voit confier une mission, avec un effectif à gérer et un budget pour y parvenir, n’est pas forcément doué de leadership. Certes, il est en position de diriger, mais ce sont des éléments extérieurs qui lui confèrent cette position : sa fonction hiérarchique, son budget. Ses collaborateurs voient-ils en lui un leader ? Pas sûr…

Maintenant que le doute est semé, que fait-on ? On ouvre un dictionnaire, bien sûr ! Et là, autant dire qu’on n’est pas déçu. D’après le Larousse : « leadership, n. m., fonction de leader ». Génial. Nous voilà bien avancés… En leur faveur, il faut dire que le leadership, terme emprunté à l’anglais et pour lequel la langue française n’a malheureusement pas réussi à trouver d’équivalent, peut désigner plusieurs situations.

1. Comme dirait Obélix : « Leadership, un anglais mot »

Faisons un test ! Fermez les yeux. Pensez au mot « leader », et formez-vous une image…

Généralement, vous aurez pensé à l’un des cas suivants :

  1. Un grand personnage historique, passionné et passionnant.
  2. Un héros guidant ses hommes, charismatique et enthousiasmant.
  3. Une grande entreprise, occupant sur son marché une position dominante.
  4. Le gars ou la fille dont vous étiez jaloux à l’école, parce que tout le monde suivait son avis alors que c’était un(e) abruti(e). 😉

Quoi qu’il en soit, toutes ces personnes ont un point commun : elles entraînent les autres à leur suite, et ces autres ont envie de les suivre. Ce que confirme l’étymologie de leadership : « vient de leader, nom anglais qui vient lui-même de lead, verbe signifiant mener » (un verbe irrégulier, évidemment). Un leader, c’est une personne capable de guider, d’inspirer. Ainsi, le leadership suppose une capacité à entraîner les autres. Cette dimension d’inspiration a été habilement résumée par un général et président américain très connu :

« Le leadership, c’est l’art de faire faire à quelqu’un quelque chose que vous voulez voir fait, parce qu’il a envie de le faire » (Dwight D. Einsenhower)

Dans le domaine économique, le leadership s’incarne à travers une entreprise faisant référence pour ses concurrents, qui s’en inspirent, parfois même jusqu’à la copie. Ce n’est pas le type de leadership le plus passionnant, nous allons donc le congédier poliment et revenir à ce qui nous intéresse vraiment.

 

2. L’objectif commun, pierre angulaire du leadership

Vienne est une ville magnifique. Si vous ne l’avez jamais vue, foncez­-y. Si vous l’avez déjà vue, retournez-y. En tous les cas, au cours d’une visite guidée, si vous aviez le choix entre un guide peu loquace… mais qui saura vous montrer le bon parcours avec les bons endroits, et un guide très sympathique… mais paresseux et peu disposé à bouger, lequel choisiriez-vous ? A priori, soyons sérieux, le premier ! Car la principale fonction du guide, c’est bien de vous emmener là il est censé vous emmener. Eh bien pour un leader, c’est pareil ! S’il entraîne les autres, c’est bien pour aller quelque part. Mais où ?

Tout leader a sa propre manière de voir le monde. Cette vision du monde guide ses actions, et lui inspire des objectifs à atteindre. Ces objectifs, ce sont eux qui permettent la constitution d’un groupe et l’adhésion durable de ses membres. Car s’il est vrai que le leader entraîne les autres à sa suite, les autres ne le suivront volontiers que s’ils y trouvent un intérêt. Parfois, les intérêts du leader et ceux des autres convergent dès le début, c’est la situation la plus aisée. Sinon, le leader doit se rendre intéressant, ce qui réclame de sa part la faculté de communiquer ses vues, d’y faire adhérer les autres. Alors, l’objectif devient commun, et cimente le groupe autour de son leader. Cet intérêt commun crée de fait une « communauté ». Par là, le leadership se définit comme une capacité à faire adhérer à un objectif.

La communauté de l'anneau

3. Le leadership, facteur d’unité

Imaginez un homme politique en pleine campagne électorale. Il prononce un discours enflammé devant un grand nombre de citoyens. Ces gens ne se connaissent pas, ils sont simplement venus là pour écouter ce que le candidat avait à dire. A la fin du discours, c’est gagné : chacun est convaincu, l’orateur a rallié tout le monde à sa cause…

Et puis tout à coup, il s’arrête, réfléchit, et déclare : « En fait laissez tomber, ça ne m’intéresse pas. Je me tire ». Au-delà du fait qu’il vient de perdre à la fois son crédit et sa dignité, notez ce détail : il venait de créer un lien entre tous ses auditeurs. Il venait de leur communiquer une cause commune dont il était le champion. Et en un clin d’œil, il a rompu ce lien, il a brisé l’unité qu’il venait de constituer entre de parfaits inconnus. Et ces gens sont repartis, chacun de leur côté. Quelle leçon en tirer ?

Le leadership se nourrit du lien qui unit les membres du groupe les uns aux autres. Ce lien tient essentiellement à l’objectif commun du groupe, la « cause commune », mais aussi aux rapports des membres entre eux. Les défauts et les erreurs des uns et des autres sont compensés par l’objectif commun qui soude le groupe, mais c’est aussi au leader de prendre garde au maintien de cet équilibre. En cela, le leader « fédère » le groupe. Il est en quelque sorte le garant de l’âme qui anime le groupe, et doit l’entretenir. Le jour où le leader néglige ce qui peut menacer l’unité de son groupe, ce jour-là, son leadership est en danger. Par là, le leadership révèle une autre de ses caractéristiques : il est une capacité à fédérer.

Unis

 

Conclusion

Il est grand temps de conclure, car cet article commence à être un peu long, et nous avons tous quelque chose d’autre sur le feu ! Alors, résumons. En reprenant nos différents éléments, le leadership, c’est :

  • une capacité à entraîner les autres, que ces derniers acceptent bien volontiers ;
  • une capacité à faire adhérer à un objectif ;
  • une capacité à fédérer.

Ces éléments, loin de s’opposer, se complètent : ils précisent simplement chacun une dimension du leadership. Allez, réunissons-les, ils ne demandent que ça !

Le leadership est la capacité de fédérer un groupe autour d’un objectif commun.

C’est tout ? Eh oui, une définition, même aussi précise que possible, tend idéalement vers la concision. Si elle vous a plu, n’hésitez pas à me le dire en commentaire, et si elle vous a déplu, n’hésitez pas à me le dire en commentaire 😉

En attendant, qui est partant pour un bon chocolat viennois ? 😊

Crédit photo “La communauté de l’anneau” : kiroro9930

Partagez autour de vous !
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • 12
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cet article a 2 commentaires

  1. Baudouin le Roux

    Einsenhower, il joue pas dans Breaking Bad ?

  2. Avatar

    Bonne définition. J’adhère totalement. Et je cherche cependant un mot français pour le dire. N’en trouvant pas, je me dis que l’idée n’existe pas dans notre culture. Le leadership : un concept à inventer chez nous ? Ce qu’il recouvre est-il adapté à ce que nous sommes ?

Laisser un commentaire

Fermer le menu